Patrimoine

  • Architecture chiconnière

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    Haren a été longtemps une commune rurale dont l'essentiel des activités était tourné vers le maraîchage. Les exploitations étaient de petite taille (moins de 3 hectares en moyenne). Ainsi, on voit encore un peu partout dans notre village des bâtiments construits fin XIXe début du XXe siècle dont la vocation agricole ne fait aucun doute.

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    -1- Vestibule; -2- Cuisine; -3- Salon; -4- Chambre; -5- WC; -6- Grange; -7-Cour; -8- Porcherie; -9- Ecurie; -10- Remise; -11- Laverie; -12- Grenier

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    Ces fermes comptent généralement deux niveaux et sont dotées d'une porte cochère sous linteau métallique. Leur taille était généralement proportionnelle à celle de l'exploitation et donc à la prospérité de l'agriculteur. Certaines ont une façade cimentée, et on peut encore y voir la signature du cimenteur.

    Cette architecture, liée à la culture maraîchère et plus particulièrement à celle du chicon, s'inscrit dans un tissu de constructions mitoyennes possible grâce à la taille réduite des exploitations. Il était typique de la région de culture du witloof, et particulièrement de Schaerbeek, Evere et Haren. Les deux premières communes ayant connu une urbanisation plus intense que Haren, il n'y a plus guère qu'ici qu'on trouve de nombreux exemples de cette architecture.

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  • Retour vers le papier... peint

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    Les UPL, ou Usines Peters Lacroix, pour les plus jeunes cela ne dit pas grand chose; mais pour les plus anciens, c'était une véritable institution à Haren. C'était en effet la plus grande usine de papiers peints au Monde. Implantée dans le bas de Haren, entre le chemin de fer et sa gare de formation, la rue du Pré aux Oies, la rue du Dobbellenberg et la rue de Verdun.

    C'est en 1850 que cette usine fut fondée, mais c'est surtout après la première guerre mondiale qu'elle connut un développement fulgurant et particulièrement dans les années 30. Comme souvent dans ces années là, les patrons étaient très parternalistes avec leurs employés et s'occupaient de leurs loisirs. C'est ainsi que l'usine disposait de sa propre équipe de football et même de son propre terrain (mieux entretenu que celui de la ville à l'époque).

    La plupart des employés et ouvriers n'étaient pas issus de Haren (les habitants sont restés longtemps des agriculteurs), aussi arrivaient-ils par les différentes gares à Haren. Cela, au dire des "anciens", produisait un défilé, matin et soir dans les rues de Haren entre les gares et les usines. Mais, après une journée de travail, un ouvrier a soif... Ainsi, rien qu'entre la gare de Haren-Sud et le centre du village (350 mètres), on a compté à la belle époque jusqu'à 13 débits de boissons!!!

    upl02.pngEntre 1921 et 1924 certains papiers peints portent la signature: "Emair" ; c'est en fait la transcription phonétique des initiales M.R. pour Magritte René. En effet, le maître du surréalisme belge a dessiné à Haren des motifs de papiers peints en compagnie du peintre Victor Servranckx.

    En 1976, la société est condamnée à une lourde amende par la commission européenne pour entente illicite, et en 1979, elle ferme définitivement ses portes.

    Son terrain de football a été remplacé par l'entrepot d'un distributeur de livres le reste du site est occupés par diverses entreprises dans le domaine du transport, de la fourniture à l'horeca...

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  • Eglise ouverte

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    En dehors des offices, il est rare de pouvoir visiter notre vénérable église. Elle vaut pourtant le détour (relire "Elle est au centre..." en cliquant ici).

    eliste02.jpgDans le cadre des "Journées des églises ouvertes", elle sera accessible au public ce dimanche 7 juin de 10 à 16 heures (donc après la messe dominicale).

    Au programme:

    • 10h: animation pour tous
    • 11h30: concert de harpe
    • 12h30: apéritif et repas partagé
    • 15h: concours de poésie et harpe

    Ne manquez cette occasion unique de découvrir ce patrimoine, que vous soyez croyant ou non!

     

  • Elle est au centre...

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    Croyants ou non, tous les harenois reconnaissent en l'Eglise Sainte Elisabeth le bâtiment le plus embématique de notre entité. Et comme il se doit, elle occupe le centre du village.

    eliste02.jpgSi la première mention de la paroisse date de 1241, la tour de l'église serait bâtie sur une base fortifiée plus ancienne, probablement du XII siècle. Sur sa face ouest, on devine encore des traces du faîte du premier bâtiment et sous la fenêtre percée au XVII siècle, on peut voir les vestiges d'une meurtière laissant supposer que l'église était fortifiée ou était une partie d'un bâtiment fortifié. L'ensemble est construit en grès, pierre extraite de carrières locales. Au fil des siècles, l'église s'est développée autour de cette tour: la nef et le bas-côté nord datent du XIV siècle, le choeur de 1500, le bas-côté sud du XVI, la partie supérieure du clocher du XVII quand au portail en style classique, il est de 1758. La sacristie originale est de 1758 mais la sacristie actuelle a été bâtie entre 1952 et 1959.

    Jusqu'en 1921 (date de l'annexion de Haren par Bruxelles), l'église était entourée d'un cimetière; celui-ci a été démentelé à cette époque pour faire place à la construction de nouvelles voiries.

    eliste03.jpgL'intérieur de l'église vaut le détour, outre les peintures murales des XV au XVII siècles remises au jour lors de la restauration des années 50, on peut y admirer une chaire de vérité de 1723 ainsi que le banc de communion et les lambris du choeur (style Louis XIV) de 1728. Les orgues, qui attendent une restauration, sont de 1773. En outre, des tableaux des XVI et XVII siècles sont présents. Comme en témoignent les anciens, les nobles et les bourgeois avaient jusque dans les années 50 leurs places réservées dans le choeur pour assister la messe.

     

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  • Tous aux abris!

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    abricouleur.jpgOn a beaucoup parlé ces derniers jours de l'abri anti-aérien de la place du Jeu de Balle qui est menacé par le projet de parking de l'échevine Els Ampe. Si ce vestige a certainement une valeur historique et patrimoniale (n'en déplaise à l'ostendaise) il n'est pas le seul dans la ville. Il en existe un sous le théâtre Royal du Parc qui est même relié directement avec le parlement fédéral.

    1280px-Evere-Abris_anti-aérien.JPGMais Haren, qui, avec son aérodrome et son noeud ferroviaire fut une cible privilégiée des bombardements alliés (on a encore découvert une bombe non explosée sur un chantier d'Infrabel à coté du Keelbeek il y a peu) a eu aussi ses abris anti-aériens.

    faisceau b.jpgCertains, de taille modeste, étaient destinés aux sentinelles. On peut encore en voir un exemple en bordure de la réserve du Moeraske. Mais le plus remarquable, et le plus vaste est loin du regard du public. Situé sous le faisceau de la gare de triage, il a même des salles d'opération qui pouvaient accueillir des blessés civils ou militaires. La chose n'est pas aisée, mais il faudrait trouver une solution pour le rendre accessible au public pour en faire un lieu de mémoire et d'histoire.

    aiguillage.jpgIl n'y avait pas que les abris anti-aérien. Ainsi, du poste d'aiguillage du Keelbeek (démoli il y a 2 ans) partait un tunnel souterrain qui le reliait à ce qui est maintenant l'ilot Twyeninck/Kasteelhof. Il devait permettre aux cheminots de quitter le poste en toute sécurité en cas d'alerte. Il est plus que probable que des vestiges de ce souterrain existent toujours.

    jipe06.jpgNul doute que les futurs "locataires" du site du Keelbeek retrouveront l'entrée de ce souterrain et en feront un nouvel usage...