Patrimoine

  • Des pierres qui leur parlent

    DSCN7258.JPG

    Le weekend dernier, se tenaient les Journées du patrimoine en région bruxelloise. Et pour la première fois depuis plusieurs années, Haren en faisait partie.

    DSCN7254.JPGLe thème tournait autour des "Zavelsteenen" (ou pierre de sable) qui étaient autrefois extraites de carrières locales (dont une au Keelbeek) et qui ont servi à bâtir un certain nombre de bâtiments emblématiques de notre village dont le Castrum ou l'église.

    Si les visites commentées (dont une à vélo) ont fait le plein les deux jours, les organisateurs regrettent le peu de participation des harenois. Ils ont accueilli des personnes issues non seulement de la région bruxelloise, mais aussi des deux Brabant et même de Gand! Le dimanche sans voiture, des amateurs ont même garé leur véhicule à Diegem pour rejoindre le centre de Haren à pied!

    A cette occasion, l'intérieur de l'Eglise pouvait également se visiter en dehors des offices.

    DSCN7262.JPG

    sok.jpg

    ANTE GLADIUM ALII LEVITATE PENNA ET HUMOREM

  • Terres des Villes

    terres01.jpg

    Bruxelles se voudrait une capitale verte, et il est vrai qu'elle a un passé d'agriculture urbaine. Las, malgré de belles paroles, les politiciens agissent à l'encontre de la ruralité urbaine.

    chicon harenberg.jpgDes chercheurs de l'ULB et de la faculté Saint-Louis ont mené une étude sérieuse sur la place de l'agriculture dans notre milieu urbain. Cela a débouché sur un livre dont deux chapitres parlent plus précisément de Haren.

    Voici comment ils présentent leur ouvrage:

    " Depuis quelques années, on voit surgir dans les villes des expériences qui renouvellent sur des modes collectifs la tradition des anciens potagers urbains. En se glissant dans les interstices de la ville, sur des terrains oubliés, dans l’angle mort de barres d’immeubles ou sur les toits des bâtiments, elles interrompent « le long orphelinat » des bâtiments sans âme dont la fureur immobilière a le secret. À partir de Bruxelles, où existait une tradition de maraîchage spécialisé et de jardins ouvriers, l’ouvrage retrace l’histoire de la ville nourricière et des combats qu’elle suppose, et témoigne des expériences nouvelles, quelquefois victorieuses du béton, le temps de reprendre son souffle et sa bêche."

    Ce livre sera disponible dans toutes les bonnes librairies dés le 23 avril au prix de 25 €

    sok.jpg

  • Des ponts qui tiennent

    pont01 650.jpg

    Ces derniers temps, les ponts et tunnels bruxellois ont régulièrement fait la une de l'actualité. En cause: leur dégradation précoce.

    pont04 650.jpgMais si ces ouvrages d'art, érigés à la fin du siècle dernier semblent très mal vieillir (faute d'entretien), il en est qui tiennent le coup depuis plus d'un siècle sans nécessiter de soins particuliers.

    C'est ainsi que plusieurs ponts de chemin de fer, bâtis vers 1910, enjambent les rues de Haren, et, bien que subissant d'importantes contraintes et vibrations de part le passage de lourds convois ferroviaires, ils passent allègrement les décennies sans faire parler d'eux. La technique utilisée à l'époque, voutes en briques et pierre bleue, est particulièrement résistante.

    pont03 650.jpgMettre en oeuvre une telle technique à l'heure actuelle serait particulièrement couteuse en main d'oeuvre qualifiée, mais le surcout de la construction serait à terme largement compensé par des couts d'entretien négligeable.

    Ce n'est pas le cas des ouvrages en béton, qui, s'ils sont moins chers au départ, coutent bien plus chers à l'entretien et en réparation. Leur durabilité n'est pas garantie!

    harenberg01.pngIl n'y a pas que les ponts et tunnels qui sont touchés par les "maladies du bétons", certains logements comme la cité Harenberg (qui présente déjà des signes de vieillissement prématuré) ne résisteront pas au temps. Le choix du béton est une vision à court terme de politiciens pour qui le calendrier est rythmé par les échéances électorales, et si des problèmes se posent, ce sera pour leurs successeurs!

    Au fait, le dernier tunnel creusé en région bruxelloise l'a été à Haren: il s'agit du tunnel OTAN!!! Inauguré en 2012, combien de temps tiendra-il?

    tunnel otan.jpg

    sok.jpg

  • La ferme Vandergoten

    vdg01.jpeg

    vdg02.jpgVous connaissez certainement les déménageurs Vandergoten qui possèdent un dépôt au 60 de la rue Arthur Maes. Mais saviez-vous que cette famille a autrefois exercé un métier très différent?

    En 1867, on recensait dans le centre de Bruxelles 132 vacheries et 604 vaches. La famille Vandergoten a exploité l’une de ces vacheries de 1878 à 1948. Parallèlement, elle était également propriétaire d’une entreprise de déménagement qui eut la particularité d’utiliser le cheval de trait jusque 1970.

    vdg03.jpgA travers un choix de photographies, d’archives et d’objets, issus des collections des Archives de la Ville dont celles de la famille, acquises en 2012, le visiteur découvrira l’importance de l’élevage de vaches en ville au milieu du 19e siècle et les problèmes d’insalubrité qu’il génère. Il pourra aussi comprendre comment cette famille de vachers évolua vers une entreprise de déménagement renommée.

    L'exposition se tient jusqu'au 13 octobre (du lundi au vendredi) aux Archives de la Ville de Bruxelles, rue des Tanneurs, 65 à 1000 Bruxelles. Entrée libre.

    vdg04.jpg

    sok.jpg

  • Haren à la Carte

    BXL Haren_FR_170509-page-003 tiny.jpg

    BXL Haren_FR_170509-page-001.jpgLes Monuments et Site de la région Bruxelles-Capitale viennent de publier une nouvelle brochure consacrée à Haren. Elle consiste en une série de cartes vous incitant à faire des balades découvertes mais vous conte aussi l'histoire de Haren, son patrimoine passé et présent. Cette plaquette comprend en outre un jeux vous incitant à observer les détails de certaines façades. Une bonne manière pour découvrir ou redécouvrir notre village.

    Vous pouvez vous procurer gratuitement "Haren à la Carte" aux Halles Saint-Géry ou la télécharger sur le site des Monuments et Sites: http://patrimoine.brussels/decouvrir/publications/circuits/a-la-carte/a-la-carte

    Ou plus simplement en cliquant sur ce lien: Haren à la Carte

    BXL Haren_FR_170509-page-005.jpg

    sok.jpg

  • Architecture chiconnière

    archic01.jpg

    Haren a été longtemps une commune rurale dont l'essentiel des activités était tourné vers le maraîchage. Les exploitations étaient de petite taille (moins de 3 hectares en moyenne). Ainsi, on voit encore un peu partout dans notre village des bâtiments construits fin XIXe début du XXe siècle dont la vocation agricole ne fait aucun doute.

    archic02.jpg

    -1- Vestibule; -2- Cuisine; -3- Salon; -4- Chambre; -5- WC; -6- Grange; -7-Cour; -8- Porcherie; -9- Ecurie; -10- Remise; -11- Laverie; -12- Grenier

    archic03.jpg

    Ces fermes comptent généralement deux niveaux et sont dotées d'une porte cochère sous linteau métallique. Leur taille était généralement proportionnelle à celle de l'exploitation et donc à la prospérité de l'agriculteur. Certaines ont une façade cimentée, et on peut encore y voir la signature du cimenteur.

    Cette architecture, liée à la culture maraîchère et plus particulièrement à celle du chicon, s'inscrit dans un tissu de constructions mitoyennes possible grâce à la taille réduite des exploitations. Il était typique de la région de culture du witloof, et particulièrement de Schaerbeek, Evere et Haren. Les deux premières communes ayant connu une urbanisation plus intense que Haren, il n'y a plus guère qu'ici qu'on trouve de nombreux exemples de cette architecture.

    archic04.jpg

    sok.jpg

  • Retour vers le papier... peint

    upl01.png

    Les UPL, ou Usines Peters Lacroix, pour les plus jeunes cela ne dit pas grand chose; mais pour les plus anciens, c'était une véritable institution à Haren. C'était en effet la plus grande usine de papiers peints au Monde. Implantée dans le bas de Haren, entre le chemin de fer et sa gare de formation, la rue du Pré aux Oies, la rue du Dobbellenberg et la rue de Verdun.

    C'est en 1850 que cette usine fut fondée, mais c'est surtout après la première guerre mondiale qu'elle connut un développement fulgurant et particulièrement dans les années 30. Comme souvent dans ces années là, les patrons étaient très parternalistes avec leurs employés et s'occupaient de leurs loisirs. C'est ainsi que l'usine disposait de sa propre équipe de football et même de son propre terrain (mieux entretenu que celui de la ville à l'époque).

    La plupart des employés et ouvriers n'étaient pas issus de Haren (les habitants sont restés longtemps des agriculteurs), aussi arrivaient-ils par les différentes gares à Haren. Cela, au dire des "anciens", produisait un défilé, matin et soir dans les rues de Haren entre les gares et les usines. Mais, après une journée de travail, un ouvrier a soif... Ainsi, rien qu'entre la gare de Haren-Sud et le centre du village (350 mètres), on a compté à la belle époque jusqu'à 13 débits de boissons!!!

    upl02.pngEntre 1921 et 1924 certains papiers peints portent la signature: "Emair" ; c'est en fait la transcription phonétique des initiales M.R. pour Magritte René. En effet, le maître du surréalisme belge a dessiné à Haren des motifs de papiers peints en compagnie du peintre Victor Servranckx.

    En 1976, la société est condamnée à une lourde amende par la commission européenne pour entente illicite, et en 1979, elle ferme définitivement ses portes.

    Son terrain de football a été remplacé par l'entrepot d'un distributeur de livres le reste du site est occupés par diverses entreprises dans le domaine du transport, de la fourniture à l'horeca...

    upl03.png

    sok.jpg

  • Eglise ouverte

    Eglise.jpg

    En dehors des offices, il est rare de pouvoir visiter notre vénérable église. Elle vaut pourtant le détour (relire "Elle est au centre..." en cliquant ici).

    eliste02.jpgDans le cadre des "Journées des églises ouvertes", elle sera accessible au public ce dimanche 7 juin de 10 à 16 heures (donc après la messe dominicale).

    Au programme:

    • 10h: animation pour tous
    • 11h30: concert de harpe
    • 12h30: apéritif et repas partagé
    • 15h: concours de poésie et harpe

    Ne manquez cette occasion unique de découvrir ce patrimoine, que vous soyez croyant ou non!

     

  • Elle est au centre...

    pein egl.jpg

    Croyants ou non, tous les harenois reconnaissent en l'Eglise Sainte Elisabeth le bâtiment le plus embématique de notre entité. Et comme il se doit, elle occupe le centre du village.

    eliste02.jpgSi la première mention de la paroisse date de 1241, la tour de l'église serait bâtie sur une base fortifiée plus ancienne, probablement du XII siècle. Sur sa face ouest, on devine encore des traces du faîte du premier bâtiment et sous la fenêtre percée au XVII siècle, on peut voir les vestiges d'une meurtière laissant supposer que l'église était fortifiée ou était une partie d'un bâtiment fortifié. L'ensemble est construit en grès, pierre extraite de carrières locales. Au fil des siècles, l'église s'est développée autour de cette tour: la nef et le bas-côté nord datent du XIV siècle, le choeur de 1500, le bas-côté sud du XVI, la partie supérieure du clocher du XVII quand au portail en style classique, il est de 1758. La sacristie originale est de 1758 mais la sacristie actuelle a été bâtie entre 1952 et 1959.

    Jusqu'en 1921 (date de l'annexion de Haren par Bruxelles), l'église était entourée d'un cimetière; celui-ci a été démentelé à cette époque pour faire place à la construction de nouvelles voiries.

    eliste03.jpgL'intérieur de l'église vaut le détour, outre les peintures murales des XV au XVII siècles remises au jour lors de la restauration des années 50, on peut y admirer une chaire de vérité de 1723 ainsi que le banc de communion et les lambris du choeur (style Louis XIV) de 1728. Les orgues, qui attendent une restauration, sont de 1773. En outre, des tableaux des XVI et XVII siècles sont présents. Comme en témoignent les anciens, les nobles et les bourgeois avaient jusque dans les années 50 leurs places réservées dans le choeur pour assister la messe.

     

    eliste01.jpg

  • Tous aux abris!

    abris02.jpg

    abricouleur.jpgOn a beaucoup parlé ces derniers jours de l'abri anti-aérien de la place du Jeu de Balle qui est menacé par le projet de parking de l'échevine Els Ampe. Si ce vestige a certainement une valeur historique et patrimoniale (n'en déplaise à l'ostendaise) il n'est pas le seul dans la ville. Il en existe un sous le théâtre Royal du Parc qui est même relié directement avec le parlement fédéral.

    1280px-Evere-Abris_anti-aérien.JPGMais Haren, qui, avec son aérodrome et son noeud ferroviaire fut une cible privilégiée des bombardements alliés (on a encore découvert une bombe non explosée sur un chantier d'Infrabel à coté du Keelbeek il y a peu) a eu aussi ses abris anti-aériens.

    faisceau b.jpgCertains, de taille modeste, étaient destinés aux sentinelles. On peut encore en voir un exemple en bordure de la réserve du Moeraske. Mais le plus remarquable, et le plus vaste est loin du regard du public. Situé sous le faisceau de la gare de triage, il a même des salles d'opération qui pouvaient accueillir des blessés civils ou militaires. La chose n'est pas aisée, mais il faudrait trouver une solution pour le rendre accessible au public pour en faire un lieu de mémoire et d'histoire.

    aiguillage.jpgIl n'y avait pas que les abris anti-aérien. Ainsi, du poste d'aiguillage du Keelbeek (démoli il y a 2 ans) partait un tunnel souterrain qui le reliait à ce qui est maintenant l'ilot Twyeninck/Kasteelhof. Il devait permettre aux cheminots de quitter le poste en toute sécurité en cas d'alerte. Il est plus que probable que des vestiges de ce souterrain existent toujours.

    jipe06.jpgNul doute que les futurs "locataires" du site du Keelbeek retrouveront l'entrée de ce souterrain et en feront un nouvel usage...