Biodiversité

  • Pica siette

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    DSCN6447.JPGAlors que depuis que depuis près d'une semaine (malgré la présence de matous) une pie a pris ses aises chez moi (le gîte et le couvert semblent lui convenir), il m'a paru opportun de dresser le portrait de cette espèce de volatile.

    Avec sa livrée noire et blanche, on pourrait la croire en tenue de soirée, la pie (pica pica) est le plus petit de nos corvidés (famille des corbeaux et corneilles) mais pas le moins fréquent.

    Elle s'est remarquablement adaptée à la présence de l'homme, et en a même tiré profit. Elle est omnivore et nos sacs poubelles sont pour elle une source de nourriture non négligeable, il est fréquent de la voir percer les sacs pour en tirer quelque pitance, la disputant au corneilles, chats domestiques et renards. Certains font d'ailleur le lien entre l'accroissement de sa population ces dernières années avec l'abandon des poubelles "en dur" au profit des sacs plastique.

    DSCN6437inv.jpgPeu farouche et plutôt pugnace, elle n'hésite pas à s'attaquer à d'autres oiseaux, même de sa taille comme des tourterelles ou des pigeons. De nombreux cas de pies venant se servir directement dans les assiettes des clients attablés en terrasse sont régulièrement rapportés.

    Elle niche au sommet des arbres (ou d'un support de remplacement en ville) dans un nid de brindilles souvent agrémenté d'objets brillants (pie voleuse?). La femelle pond de trois à dix oeufs qu'elle couve pendant trois semaines. Les petits quittent le nid au bout de quatre semaines.

    Comme tous les corvidés, elle a un don d'imitation qui ferait pâlir de jalousie un perroquet. Sa longévité moyenne serait d'une quinzaine d'années, le record enregistré pour un spécimen en captivité est de 21 ans.

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  • De retour?

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    Avec la fin de l'été, il est probable que vous aller voir des araignées dans votre habitation. Pourtant, deux espèces cohabitent avec les humains tout au long de l'année: les graciles pholcus et les impressionnantes tégénaires. Si elles sont plus visibles à la fin de l'été, c'est que c'est la période de reproduction et que les mâles sont à la recherche d'une partenaire.

    Combien de maris ou de compagnons n'ont-ils pas été appelés au secours par leur blonde parce qu'une grosse araignée se trouvait dans la baignoire?

    tege01.jpgIl y a beaucoup de chance pour que cet animal soit une tégénaire. Cet arachnide a depuis longtemps colonisé les habitations humaines dans lesquelles elles jouent un rôle d'insecticide naturel; mais, elles sont incapables de gravir des parois trop lisses, c'est pourquoi elles se trouvent souvent coincées au fond de nos éviers ou de nos baignoires!

     Deux espèces principales se partagent nos habitations: la tegenaria domestica et la tegenaria gigantea. Cette dernière est plutôt impressionnante: le corps de la femelle peut atteindre une longueur de 18 mm (soit un diamètre de 8 à 10 cm avec les pattes).

    Sa taille et son aspect velu pourraient faire penser à une mygale, avec laquelle elle n'a rien à voir. Malgré sa taille, elle est tout à fait inoffensive pour l'homme. Les araignée constituent en outre un excellent attrape mouches ou moustiques... sans fipronil!

    tege02.jpgElle fait une toile en forme d'entonnoir qu'elle recommence chaque nuit. Elle en sort peu, attendant qu'une proie passe à portée et s'y prenne. En fait, ce n'est qu'au moment de la reproduction, en automne, que les mâles s'aventurent "au dehors" à la recherche d'une femelle (c'est le moment ou on les voit le plus). Dès qu'il trouve la toile d'une femelle, il s'annonce en tapotant sur la toile. Si la belle l'accepte, ils s'accoupleront, et, s'il a de la chance il pourra repartir, sinon elle le dévorera un fois le devoir conjugal accompli! 

    La femelle pondra une centaine d'oeufs sur lesquels elle veillera. A leur naissance, le premier repas des petites araignées sera... leur mère...

    Une femelle tégénaire vit cinq ans.

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  • Ils ont soif

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    Cet fin d'été ne sourit pas aux hérisson. La sécheresse de ces derni§res semaines les dont souffrir de la soif mais ils peinent aussi à trouver de la nourriture en suffisance (principalement des limaces et des escargots), or il ne leur reste que peu de temps pour constituer leurs réserves pour hiberner.

    her03.jpgLe hérisson (Erinaceus europaeus) s'active en automne, et on le croise d'autant plus fréquemment, que les jeunes de l'année viennent de prendre leur indépendance.

    Hôte régulier de nos jardins, il est un allié précieux en détruisant limaces et escargots; mais il lui arrive aussi, en bon opportuniste, de se servir dans la gamelle du chat ou du chien laissée sur la terrasse. Sa ration nocturne est d'environ 70 gr.

    Contre les prédateurs, il a un moyen de défense efficace: il se roule en boule n'offrant à son adversaire qu'une pelote de piquants. Cette stratégie lui est souvent fatale quand il l'adopte sur une route à l'approche d'une voiture. Sa longévité, est normalement de 20 ans, mais on estime sa durée de vie moyenne à 2 ans! Il est également victime de l'usage de pesticides.

     

    Tous les hérissons ont des puces (différentes de celles des chiens ou des chats) que la mère transmets à sa progéniture. Les individus en bonne santé ne semblent pas en être affectés.

    her02.jpgPour l'acceuillir dans votre jardin, laissez dans un coin un tas de feuilles, de branchage, ou un empierrement grossier (mais stable).

    A la fin de l'automne, quand la nourriture devient rare et dès que la température chute en dessous de 10° C, le hérisson entre en hibernation, au fond d'un nid d'herbes et de feuilles qu'il aménage dans les fourrés ou sous une souche, dans un tas de bois, sous une haie, sous un tas de foin, ou quelquefois dans un terrier de lapin... Un hérisson en hibernation se trouve dans un état de torpeur et est donc incapable de se nourrir. Il passe l'hiver en brûlant les réserves de graisses qu'il a emmagasinées dès la fin de l’été, dans l'attente des beaux jours et d'une nourriture plus abondante. Il ne "dort" pas de façon continue mais sort de sa torpeur régulièrement pour se nourrir et s'agiter un peu avant de sombrer à nouveau.

    Sa respiration s'arrête presque complètement et il peut s'écouler plusieurs minutes entre deux respirations. Le réveil définitif se fait au printemps, vers les mois de mars ou d'avril, quelles que soient les conditions climatiques. À la fin de l'hibernation, les hérissons ont perdu alors 30 % de leur poids.

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  • Le goupil est de sortie

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    Le mois d'aout est propice à l'observation du renard, c'est en effet à cette période que les renardeaux de l'année quittent la tanière.

    On lui prète la malice, et on l'a parfois associé au démon... Et pourtant il n'est pas bien terrible, même si, en taille, c'est le plus grand prédateur naturel de notre région. Vulpes vulpes pour les scientifiques, le renard est un canidé dont la mâchoire est à peine plus puissante que celle d'un gros chat.

    renard02.jpgPas de quoi nous effrayer donc, même si on lui prête la propagation de la rage (mais c'est le cas de tous les vertébrés supérieurs, oiseaux ou mammifères) ou de l'echinococcose, maladie qui semble cependant être absente de Bruxelles (par précaution, évitez toutefois de manger des baies sauvages non lavée qui ont poussées à hauteur de renard, c'est par son urine qu'elle sont contaminées). 

    Opportuniste, il s'accomode volontiers de la proximité des hommes qui l'ont pourtant chassé sans pitié. par discrétion, il est plutôt de moeurs crépusculaires ou nocturnes (mais il y a des exceptions).

    renard03.jpgIl est présent de puis toujours à Haren, et, a profité des couloirs "naturels" que constituent les talus de chemin de fer pour pénétrer en ville. On peut donc en apercevoir à présent jusqu'au centre de Bruxelles. Il faut dire qu'avec nos poubelles dans des sacs peu solides, on lui offre le couvert à heures fixes! Il m'a été donné d'assister à des conflits entre pies, corneilles, chats domestiques et renard autour  d'un sac avant sa collecte... Et le gagnant n'était pas nécessairement le plus gros...

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  • Au potager... ou en potage

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    diable rouge ga.jpgUn hiver doux et une fin de printemps particulièrement pluvieuse, il n'en fallait pas plus pour les voir se multiplier. Un cauchemar pour les jardiniers, un régal pour les gourmets. Voici comment décrire en peu de mots ce mollusque plutôt fréquent chez nous. Helix Aspersa Aspersa se rencontre dans toute l'Europe, et n'en déplaise aux français des Charentes qui voudraient se l'aproprier, ou plus près de chez nous les namurois, il est autant apprécié partout en cuisine.


    esc02.jpgSa coquille mesure à l'état adulte, entre 28 et 35 mm pour un poids de 7 à 15 gr, elle s'enroule généralement dans le sens des aiguilles d'une montre, les individus "sénestres" (ceux dont la coquille s'enroule dans le sens opposé) ne se rencontrent que 1 fois sur 20000 individus environ.

    Dans la nature, son repas préféré sont les feuilles d'ortie, mais nos potagers lui offrent un garde-manger très prisé.

    Comme tous les mollusques, il a besoin d'humidité, aussi, ne le voit-on sortir qu'à la nuit tombée ou après une pluie. Il hiberne mais, si l'été est particulièrement chaud et sec, il estive également. Il génère alors un opercule de mucus qui une fois durci, ferme sa coquille et le protège de la déshydratation; il peut ainsi rester inactif plusieurs semaines; dès que l'humidité revient il reprend son activité normale.

    diable rouge dr.jpgIl est hermaphrodite (il a les deux sexes) toutefois, il a besoin d'un partenaire pour se reproduire, ils se fécondent mutuellement en se plaçant tête-bèche. Ils pondent peu après environ 85 oeufs dans un trou.

    Helix aspersa est sourd et quasiment aveugle mais ses tentacule sont équipés de deux «nez» (épithéliums olfactifs) très puissants. Simplement en balançant ses tentacules pour détecter les odeurs qui l’entourent, l’escargot peut repérer une cible à plus d’une centaine de mètres.

    esc03.jpgIl est peu sensible à la pollution et accumule donc les toxiques sans en être affecté. Il est donc déconseillé de les "cueillir" pour les consommer sous peine de se voir intoxiqué, dans ce but il vaut mieux faire appel aux élevages qui se sont multipliés ces dernières années.

    Leurs prédateurs naturels sont le hérisson, l'orvet, certains oiseaux et des mouches qui pondent directement dans le corps du mollusque. Plutôt que d'utiliser des produits chimiques qui sont peu efficaces, les jardiniers devraient favoriser la venue des prédateurs en leur ménageant des abris dans un coin du potager.

    sport diable roux golf 600.jpgLe petit gris n'est pas la seule espèce d'escargot qu'on peut croiser à Haren, Helix Pomatia (le fameux escargot de "Bourgogne") est aussi présent, mais il  en a encore d'autres...

     

     

  • C'était un 17 mai

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    Il y a quarante-cinq ans, un gamin de sept ans avait lu dans un bouquin de vulgarisation que la télévision consistait à transformer l(image produite par une caméra en electricité, et de l'émettre ensuite par ondes radio vers le récepteur. Il faut rappeler qu'à l'époque, la télévision était encore en noir et blanc et que tout le monde avait une antenne rateau sur le toit, la télédistribution n'étant pas encore arrivée à Haren. Il prit donc une vieille caméra de son père, un poste radio sensé lui servir d"émetteur et un parapluie pour antenne. Il relia le tout avec un cable electrique et espéra voir l'image produite sur le récepteur familial. Il fut bien sur déçu.

    lgh08.jpgQuarante ans plus tard, le gamin qui avait grandi et passé sa vie dans l'audio-visuel, constatant que son village était de plus en plus défiguré par les promoteurs, décida qu'il fallait utiliser les moyens mis à présent à sa disposition pour tenter de défendre Haren? Le 17 mai 2011, il créa donc une web tv: HARENtv. Le projet ne s'arrêta pas là , ce blog vit le jour quelques mois plus tard mais il fit aussi de l'édition (calendriers, cartes postales, jeu de l'oie...), des organisations (concerts, compétitions...) et même une bière (l'EVASION DE HAREN)...

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    Avec quelques jours d'avance, la plupart des collaborateurs de HARENtv ainsi que quelques sympathisants se sont réunis au LINDE pour fêter ce cinquième anniversaire. La soirée s'est terminée autour d'un magnifique gâteau, aussi beau que bon!

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    La première bande-annonce de HARENtv:

  • Des grues sur le Keelbeek

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    Rassurez-vous, la construction de l'hypothétique prison n'a pas débuté. Les grues dont je parle sont des grues cendrées qui effectuent leur migration vers le nord venant probablemen d'Espagne ou elle ont hiverné.

    J'ai assisté par hazard à leur passage au dessus du Keelbeek ce jeudi vers 18 heures 15, passage bruyant puisqu'elles "trompettent" en vol!

    N'étant pas spécialiste, je ne peux dire si ce passage est précoce cette année en raison d'une météo clémente. Toujours est-il que le Keelbeek est reconnu par les ornithologues comme un lieu de passage migratoire unique en région bruxelloise pour de nombreuses espèces d'oiseaux.

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  • Habitant du Keelbeek: le lérot

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    des lerot.pngIl a encore été observé au Keelbeek la semaine dernière bien que très discret Il est bien sur menacé par le projet de prison. En délivrant le permis d'environnement, l'administration de la ministre Céline Frémault fait peser une lourde menace sur la biodiversité de la région!

    Eliomys Quercinus de son vrai nom, le lérot est un petit rongeur nocturne. Il fait environ une quinzaine de centimètres sans la queue et pèse de 60 à 140 grammes; Comme beaucoup d'animaux aux moeurs nocturnes (blaireau, raton laveur...) il a un masque noir autour des yeux.

    Lérot 02.jpgIl a une vie à la fois arboricole et terrestre; en fait, il niche dans des creux d'arbre, des nids abandonnés voire des nichoirs. Il squatte parfois les greniers ou les logis abandonnés. Mais il trouve de préférence sa nourriture au sol. Elle est principalement constituée de fruits, de baies le tout complèté d'insectes ou de vertébrés plus petits que lui.

    On le trouve donc principalement dans les vergers, ou en tout cas dans les lieux un peu arborés, souvent à proximité de l'homme, mais ses moeurs nocturnes font que peu ont déjà pu l'observer.

    Lérot 01.jpgLa femelle a une seule portée par an de deux à sept petits en mai-juin.

    Il hiberne en léthargie complète.

    Ses prédateurs naturels sont la fouine et les rapaces nocturnes (hiboux et chouettes); Il est aussi victime des chats domestiques, des pesticides et ... des prisons qu'on veut construire sur son habitat!

    Une de ses particularités est de pouvoir abandonner sa queue comme les lézards en cas d'attaque par un prédateur.

  • Un site unique

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    Une longue-vue, une paire de jumelles, un appareil photo et un carnet de notes, voici comment étaient équipés les ornithologues que j'ai rejoints ce dimanche matin sur le site du Keelbeek.

    compt02.jpgIls étaient plus matinaux que moi, puisque présents depuis l'aube. Ils étaient là entre autre pour recenser le passage d'oiseaux migrateurs. Déjà, le 4 octobre un comptage à l'échelle européenne avait été réalisé et le site harenois en faisait partie.

    compt03.jpgAlain Boeckx m'explique entre deux observations que le Keelbeek est un site unique en région bruxelloise. L'absence de hautes constructions en fait une route migratoire idéale, de plus sa diversité de milieux (prairie, arbres à hautes tiges mais aussi buissons à baies ou à fruits secs) permet à diverses espèces de trouver leur bonheur, qu'elles soit sédentaires ou qu'elle y fassent étape pour se restaurer ou passer la nuit avant de reprendre leur migration. Une richesse unique en région bruxelloise selon les naturalistes. De quoi contredire des ministres incompétents qui prétendent que ce lieu ne présente aucun intérêt.

    compt04.jpgPendant ma courte présence à leurs cotés, nous avons pu observer, un busard des roseaux, des grives musiciennes, des bergeronnettes, des choucas, des alouettes, des cormorans, un vol d'oies cendrées mais aussi des merles à plastron (la plus forte concentration à Bruxelles d'après les spécialistes.

    En fin de matinée (après mon départ) ils pensaient observer des rapaces sédentaires tels que le faucon crécerelle ou la buse variable.

    On n'a pas fini de parler du Keelbeek!

  • Ouvrez la cage... du Keelbeek

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    Non, il n'y a pas que des oiseaux de métal qui survolent le Keelbeek, n'en déplaise à Rudi Vervoort et sa clique gouvernementale pour qui ce site ne présenterait aucun intérêt.

    Au contraire, ce site est unique et essentiel pour la biodiversité en région bruxelloise comme en témoignent les recensements des populations migratoires.

    Régulièrement, des comptages des oiseaux migrateurs sont réalisées au niveau européen et les résultats, une fois collationnés, permettent de suivre les différentes populations d'oiseaux dans leur migration.

    A Bruxelles, différents sites sont choisis soigneusement, dont le Keelbeek. Son relatif isolement et l'absence (pour le moment) de bâtiment en font une étape pour certaines espèces, et pratiquement le seul endroit ou on peut les observer en région bruxelloise.

    grive.jpgAinsi, lors du dernier comptage du 4 octobre dernier, les observateurs ont pu compter en quatre heures pas moins de 480 grives musiciennes et 128 bergeronnettes grises, un record pour la région bruxelloise (et Rudi Vervoort persiste à dire que ce site n'a aucun intérêt).

    Ce ne sont évidemment pas les seules espèces observées à cet endroit. Il y a quelques années j'ai même pu y voir des cigognes qui y faisaient escale dans leur voyage vers le sud.

    Et dire que certains voudraient  construire des cages!

    Le prochain comptage d'oiseaux aura lieu ce dimanche 19 octobre.

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